Auteur : Françoise Ferdane
Préface :
Les Orchidées du genre Cattleya exercent, depuis près de deux siècles, une fascination inégalée, non seulement sur le petit monde des Orchidophiles et plus particulièrement sur les amateurs qui se consacrent à leur culture et leur reproduction, mais également, il faut le reconnaître, sur l'ensemble de la population et le terme de Cattleya est passé dans le langage commun comme équivalent à celui de "fleur des mariages" . Qui n'a pas admiré, d'un oeil attendri, sur les photos de famille ou dans les journaux, la mariée en robe blanche, avec son bouquet de Cattleya blancs ! Ne parlons pas des mariages princiers où l'abondance des couronnes blanches et roses est une sorte de nécessité historique ! Nous n'insisterons pas non plus sur l'usage insolite de cette fleur qu'introduit le grand Marcel Proust dans sa " Recherche ", ni sur les nombreux poèmes qu'elle a suscités. Depuis l'apparition en Europe de la première fleur, en 1811 (c'était Cattleya loddigesii), les producteurs se sont ingéniés à améliorer sa taille, sa couleur, en un mot sa beauté, par des croisements de toute nature, depuis le premier hybride simple, ou Cattleya x hybrida, de 1859, jusqu'aux multi-combinaisons entre genres apparentés, qui apparaissent de nos jours.
Les dessinateurs et peintres les plus fameux se sont servis des Cattleya pour faire des oeuvres d'art, et des livres entiers ont été édités pour célébrer leur charme insolite et leurs couleurs inégalées. L'avènement de la photographie n'a fait que multiplier les occasions, pour tout un chacun, de familiariser son oeil avec cette fleur, tellement parfaite qu'elle paraît quelquefois être un artefact ! Mais l'homme ne saura jamais égaler la nature, et nous devons nous en réjouir, en savourant le plaisir qu'elle nous accorde, avec cette fleur merveilleuse.
Françoise Ferdane a beaucoup de cordes à son arc. Elle a été Présidente, pendant de nombreuses années, d'une association d'amateurs d'Orchidées, qu'elle animait avec zèle et compétence. Elle est elle-même " conservatrice " de Cattleya et de nombreux autres genres d'Orchidées dans ses serres, dont elle assure l'entretien délicat. Mais elle a aussi un violon d'Ingres, et l'évocation de ce peintre fameux est une bonne introduction à ses talents de dessinatrice et de peintre, qu'elle cultive en permanence. La conjonction de sa veine artistique et de sa passion orchidéenne devait logiquement la conduire à consacrer ses talents à la reproduction sur la toile et le papier de la splendide beauté des Cattleya.
Les dessins qu'elle nous présente ici sont en fait le résultat d'une commande, puisqu'ils servent en partie à illustrer un livre récent sur ce genre végétal, mais il aurait été dommage qu'ils ne soient pas isolés, pour que chacun puisse en admirer la qualité. Françoise Ferdane a utilisé la mine de plomb et l'estompe pour ses dessins, d'après nature ou photographies, de 48 Cattleya. Il est certain que l'amateur d'art trouvera dans cet ouvrage la satisfaction de son goût pour la beauté, en même temps, qu'il aura plaisir à reconnaître et à apprendre le nom de ces étranges fleurs des tropiques. N'est-ce pas Montaigne qui a dit: " On ne goûte bien que ce que l'on sait nommer " ?
Pierre JACQUET
Voici un exemple des planches de cet ouvrage.